Témoignage sur mon séjour au MALI en novembre 2009.
Après 4 1/2 mois, que reste-t-il, pour moi, de cette expérience comme stagiaire au Mali, avec l’ANSE (Alliance Nord-Sud de Estrie) et le CSI (Carrefour de Solidarité International) ?
Il faut d’abord dire que pour moi, le choc culturel, ne fut un problème car j’en étais à ma 5e expérience de ce genre.
Toutefois, il demeure, pour moi, plusieurs questionnements sur le phénomène global de l’aide internationale et sur son efficacité sur le terrain. Ce dont je suis sûre et qui me touche toujours beaucoup, c’est comment ces gens ont de grands besoins pour ne pas dire de grandes attentes à notre égard. Sommes-nous à la hauteur de leurs aspirations? KILABO, l’organisme associé du Mali, saurait sans doute… répondre à cette question, à ce moment-ci, car l’argent a été envoyé. Je n’ai aucun regret des contributions volontaires que j’ai sollicitées, car…au moins…je sais que des élèves du petit village de SOKOUNA vivront dans de meilleures conditions, leur vie scolaire, grâce à notre apport.
Souvent, je me dis que ces Maliens et ces Maliennes m’ont appris beaucoup avec leurs valeurs de partage, d’entraide et de joie de vivre avec si peu de moyens matériels. Est-ce possible, toutefois, de transférer ces apprentissages chez nous? Pas complètement…je pense….Pas plus que les nôtres, nos valeurs ne sont totalement transmissibles, là-bas, moyens de contraception, travail extérieur de la femme, monogamie, etc… C’est sûrement mieux ainsi… Car n’est ce pas l’ensemble de ces différences qui nous incitent à vouloir nous inscrire pour vivre un tel projet?
Expérience enrichissante certes de « VIVRE AVEC » ces gens du Sud, le leitmotiv de l’ANSE, mais parfois troublante avec ses prises de conscience palpables d’inégalité, de corruption, d’injustice envers les femmes et d’impuissance. Puis….vient, avec du recul, la satisfaction d’avoir CONTRIBUER et d’ESPÉRER. Connaissant les fortes capacités de ce peuple malien travaillant et volontaire, forgé à la dure, je sais qu’il saura s’en sortir puisqu’il possède les richesses nécessaires à son développement.
Je terminerai en vous citant un proverbe tiré de la SAGESSE BAMBARA du Père Bailleul :
« Le moment du réveil de chacun est pour lui son aurore. » :L’appréciation du moment favorable est propre à chacun.
Dans ma vie, ce séjour au Mali fut « mon aurore » pour 2009, afin d’améliorer ma connaissance du sud et d’approfondir ma connaissance de moi-même, trésors sans prix. Êtes-vous, dans votre trajectoire, au moment de ce réveil? La réponse est vôtre….
En somme, je suis heureuse de ce vécu sur le terrain. Ma valorisation personnelle l’emporte sur mes interrogations présentes et n’ont rien à voir avec l’excellente planification et à l’organisation sérieuse du séjour par l’ANSE.
Pierrette, stagiaire.